mardi 29 janvier 2013

Action !

Samedi 2 et dimanche 3, dès 10h du matin, nous aurons sous la main :
Plus d'une trentaine de pelles, une dizaine de fourches, quelques centaines de sacs poubelles, des paires de gants, un ou des camions pour conduire le bazar dans les déchetteries voisines, une fanfare peut-être (le bruit court). Autant dire, tout ce qu'il faut pour mener vaste et enthousiaste campagne contre les déchets encore accumulés autour des baraques. Pour qu'enfin nous puissions vivre ici l'air sain, et non plus frelaté par la rumeur d'une expulsion à venir pour cause de péril sanitaire.

Samedi 2 et dimanche 3, dès 10h du matin, le bidonville vous attend, bourré(s) d'enthousiasme, pour batailler avec les familles, et rétablir ainsi leurs droits à vivre ailleurs que dans la merde, que chacun nomme ici "la misère". Venez nombreux, et plus encore, la Platz de l'Ambassade est vaste. Yvette, Toinette, Nicole, se chargent de la cantine, même si nous sommes 500. Elles exigent d'ailleurs que nous soyons 500. Faites leur plaisir !

Infos : contact@perou-paris.org
Coordination : Louis : 06 95 32 95 34



Ici prolifèrent les poubelles

PS : Demain mercredi, aux Caves Dupetit Thouars, 12 rue Dupetit Thouars dans le 3e arrondissement (M° République), nous nous réunissons pour inventer l'avenir. Il y a de la place pour tous, aux caves comme dans l'avenir.

L'école des femmes






L'Ambassade respire, meublée qu'elle est grâce au soutien coriace de la communauté Emmaüs de Longjumeau, et habitée qu'elle est grâce notamment au cours de français proposé par Sophie Triniac hier pour la première fois. Une quinzaine de femmes gourmandes de mots, remplissant des pages d'écritures, dans une ambiance pétillante. Ainsi s'émancipe-t-on, au coeur du bidonville.






A l'école de la lutte, nous apprenons que tout doit se gagner, parce qu'il ne peut en être autrement, et parce que chacun en sortira gagnant. Le bidonville ne s'érige pas contre, mais auprès de la ville de laquelle jour après jour il se rapproche. Le Collectif de Rissois ne s'érige pas contre, mais dans la commune de laquelle il est partie prenante. L'action ne se conduit pas contre, mais pour que tous puissent se dire, un beau jour, que la victoire est belle. Ces femmes sont optimistes, et nous n'avons pas de le droit de ne pas l'être. A l'école de ces femmes, nous apprenons que leur victoire est la nôtre.

samedi 26 janvier 2013

Intermèdes Robinson


Association qui multiplie les interventions dans la rue, les dits "quartiers", et les bidonvilles d'Île-de-France, Intermèdes Robinson nous rejoint dans l'expérimentation et, à partir de février, investit l'Ambassade afin de proposer de multiples formes d'activités inscrites dans la ligne de la pédagogie sociale qu'elle défend.
Soucieuse d'élaborer de multiples outils d'émancipation avec les personnes qu'elle rencontre, en particulier les enfants, elle résonne dans le domaine de l'action sociale avec ce que dans la ville active le PEROU, soucieux d'accompagner ce qui a lieu, de valoriser l'humanité qui fait lieu. Soucieuse de faire éclore, par la recherche-action, les formes d'une vitalité manifeste dans les franges de nos espaces sociaux, à l'endroit même où l'on se soucie communément d'éradiquer ce qui émerge, elle revendique sur son terrain l'héritage de Gilles Clément, théoricien du Tiers paysage et président du PEROU.
Nous sommes donc particulièrement heureux d'offrir l'hospitalité à l'association Intermèdes Robinson qui s'est fait un sacerdoce d'offrir, ici et maintenant, "l'asile poétique". A lire et voir : son site ici, son blog ici, ses vidéos ici.

Cerise, l'association Intermèdes Robinson vient de recevoir le Prix des Droits de l'Homme de la République Française, première mention spéciale, des mains de la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme, dont le menu est à lire ici.


vendredi 25 janvier 2013

Les sorties du jour

Le Libération du jour s'en mêle, en brossant un portrait assez complet de cette controverse sur la scolarisation. A lire ici.
Essonne Info poursuit son travail assez minutieux d'exploration de la situation, en donnant aujourd'hui la parole au Maire. A lire ici.

jeudi 24 janvier 2013

Tout reste à inventer

Il n'y a aujourd'hui peut-être pas beaucoup de question aussi vaste que celle que provoque, dans nos espaces sociaux et urbains, la paupérisation des populations européennes et ce que certains s'aventurent à nommer la "tiers-mondisation" de nos métropoles. Et pourtant à Ris-Orangis, depuis plus d'un mois, l'énergie de la quasi-totalité des acteurs est bouffée par la question de la scolarisation des enfants, question sans mystère qui aurait dû être réglée le jour même où elle s'est posée. Ainsi fonctionnons-nous, radicalement à l'envers, à rebours de toute espèce de bon sens. Ainsi gonfle l'affaire de Ris-Orangis, causée par des décisions navrantes, attisée par manifestations et tracts endiablés, relayée par une presse excitée, de l'Express (ici), à Essonne Info (ici), en passant par France Info (ici).

L'intrigue enfle donc, et l'on évoque ici ou là les jurisprudences de la Cour de Strasbourg relatives à la condamnation récente de pays comme la Croatie ou la République Tchèque pour cause de création de "classes spéciales" pour enfants Roms. Il serait invraisemblable qu'on en parvienne là, et que l'admission à l'école voisine ne se fasse pas dans les tous prochains jours (Qu'il est fatiguant de ne voir sous la plume d'aucun journaliste mention faite à l'école du secteur du bidonville, l'Ecole Maurice Guerton, située à 250 mètres des baraques, et où sont disponibles 9 places en classe adaptée pour les non francophones).
Il serait invraisemblable que nous ne nous saisissions pas collectivement de la seule véritable question qui aujourd'hui se pose à nous : comment construire un autre avenir avec ces familles, sortir du bidonville par le haut, et faire ainsi école ? Comme le préconise, de nouveau, le Plan pluriannuel contre la pauvreté et pour l'inclusion sociale adopté lors du Comité interministériel de lutte contre les exclusions et publié le 21 janvier dernier par le Premier Ministre, document à lire ici et qui, sur la question scolaire par exemple rappelle tant d'évidences dans un chapitre titré "Accès à l'école pour les enfants issus de campements ou bidonvilles" :

"Il s'agit de rappeler les obligations en matière de scolarisation applicables aux enfants issus de campements ou de bidonvilles, en particulier : 
- L'obligation faite aux familles dans le cadre de l'autorité parentale de procéder à l'inscription scolaire et de veiller à la fréquentation assidue de la classe.
- L'obligation pour le maire d'inscrire tous les enfants de la commune (article L 131-6 du code de l'éducation).
- Le rôle du maire pour interpeller le directeur des services académiques de l'éducation nationale, afin qu'il prenne immédiatement les dispositions nécessaires en cas de manque de place. 
- La circulaire n° 2002-063 du 20 mars 2002 relative à la scolarisation des enfants étrangers dispose qu'"aucune distinction ne peut être faite entre élèves de nationalité française et de nationalité étrangère pour l'accès au service public de l'éducation". 
Il convient par ailleurs de noter que trois circulaires sur la scolarisation effective des enfants allophones arrivants, des enfants issus de familles itinérantes et de familles sédentarisées depuis peu, ont été adressées aux recteurs d'académie dès le 12 septembre, avant d'être publiées au Bulletin officiel du 11 octobre 2012"


Une once de clarté manque-t-elle ? 
Aujourd'hui, une délégation de différentes organisations dont le Collectif des Rissois Solidaires, l'ASEFRR et la Ligue des Droits de l'Homme a été reçue en Préfecture pour s'assurer que l'Etat suivait effectivement les préconisations publiées par l'Etat.

En attendant donc que cette question sans contenu se dissipe enfin, nous poursuivons sur le terrain ce qui ne peut manquer de se poursuivre, tant la tâche est, elle, redoutable. Alors que le chantier de construction des toilettes sèches s'est poursuivi, une quinzaine de femmes se sont présentées dans l'Ambassade devant Sophie Triniac qui leur a donné rendez-vous une fois par semaine pour leur offrir des cours de français. Nous nous sommes réunis hier aux Caves Dupetit Thouars à Paris pour notamment décider d'achever le travail entrepris sur les déchets et leur évacuation, et nous organiser rapidement pour ce faire. Et les programmes de recherche et d'expérimentation s'inventent aujourd'hui même, dans le cours de l'action, avec d'innombrables amis qui font toute l'exceptionnalité de cette aventure. Qui ne peut pas ne pas l'être, tant tout reste à inventer.

mardi 22 janvier 2013

Péril sanitaire (bis)

Bien que l'arrêté municipal pris le 21 décembre, citant l'adresse de ce blog, laissait penser que le Maire le lisait consciencieusment, il semblerait qu'il n'en soit rien. En effet, s'il avait effectivement lu le billet en date du 9 décembre intitulé "Péril sanitaire" (pour le re-lire, c'est ici), il n'oserait pas aujourd'hui ressortir cet argument de fallace, comme en atteste par exemple une citation parue hier sur le site du Nouvel Obs (à lire ici), complétée par la coupure de presse datée de ce jour, et reproduite ci-dessous.






Mais à défaut de lire ce blog, le Maire et son équipe pourraient au moins venir sur le terrain, nous rencontrer, et mesurer ainsi le chemin parcouru depuis trois mois, à savoir notamment l'évacuation de tonnes de déchets prise en charge par des riverains qui, deux fois pas semaine, continuent d'assurer cette noble fonction de cantonnier. Ce beau monde se rendrait aussi compte que nous préparons un ultime assaut contre les ordures encore présentes sur le bidonville, et que dans les jours prochains le terrain sera aussi propre que semble l'être l'aménagement paysager jouxtant l'Hôtel de Ville. Et, cerise, qu'il y a sur l'établissement du bidonville désormais davantage de toilettes qu'en compte le bâtiment de ce même Hôtel de Ville. Avec quels instruments détraqués se mesure le dit "péril imminent" ?

De derrière la montagne sulfureuse des rats et des déchets, bientôt éradiquée, peut finir par apparaître un argument bien peu évoqué : en fait, le Maire s'alarme peut-être de voir les familles résidant aux abords de la Nationale 7 traverser quotidiennement cette deux fois deux voies pour accéder à la borne à incendie afin d'y récupérer de l'eau. Peut-être prépare-t-il sa démonstration sur cette base là, ce qui lui permettra de conclure que nous faisons bien face à un "péril imminent", et qu'il est par conséquent irresponsable de laisser les familles poursuivre ces expéditions périlleuses.
A l'élu responsable se présentent donc deux options pour garantir la sécurité des familles, ce qui s'avère l'objectif précis d'un arrêté municipal pris pour "péril sanitaire". La première : évacuer, détruire, et jeter les familles sur la route. La seconde : installer un point d'eau dans le bidonville, et facturer les familles en fonction de leur consommation, ce que la régie publique en charge de la distribution des eaux à Ris-Orangis pourrait voir d'un bon oeil puisque pour l'heure l'eau est purement et simplement pillée. A l'élu responsable se présentent une option totalement irresponsable, et une autre d'absolu bon sens. Dans quel monde vivons nous pour que le suspense demeure ? 


lundi 21 janvier 2013

Eveillé, le Sénat veille ! (résolution du 18 janvier)



Le Sénat,
Vu l'article 88-4 de la Constitution,
Vu la communication de la Commission au Conseil, au Parlement européen, au Comité économique et social européen et au Comité des régions « L'intégration sociale et économique des Roms en Europe » (COM (2010) 133 final),
Vu la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions « Cadre de l'UE pour les stratégies nationales d'intégration des Roms pour la période allant jusqu'à 2020 » (COM (2011) 173 final),
Vu la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions « Stratégies nationales d'intégration des Roms : un premier pas dans la mise en œuvre du cadre de l'UE » (COM (2012) 226 final),
Rappelle que la majorité des États membres de l'Union européenne comptent des populations roms sur leur sol ;
Est préoccupé par la profonde méconnaissance de ces populations, la vigueur de l'anti-tsiganisme et le haut degré de discriminations à l'encontre des Roms en Europe ;
Considère que l'intégration pleine et entière de ces populations revêt un caractère d'urgence ;
Rappelle que les droits de l'homme sont au cœur des valeurs défendues par le Conseil de l'Europe et l'Union européenne ;
Salue l'implication du Conseil de l'Europe depuis plusieurs décennies sur les questions relatives aux Roms ;
Note avec satisfaction les récentes initiatives de l'Union européenne destinées à encourager l'intégration sociale et économique des Roms dans les États membres ;
Estime que la solution au défi posé par les Roms nécessite prioritairement de mieux définir les responsabilités de chacun afin de renforcer l'efficacité des politiques actuelles, aujourd'hui trop dispersées ;
– Concernant le Conseil de l'Europe :
Considère que le Conseil de l'Europe, de par ses valeurs et l'étendue de son champ géographique de compétences, est le mieux placé pour prendre en charge et coordonner la lutte contre l'anti-tsiganisme en Europe ;
Souhaite que le programme ROMED de formation des médiateurs travaillant auprès des communautés roms voie sa visibilité renforcée ;
– Concernant l'Union européenne :
Rappelle que les questions relatives aux Roms revêtent une dimension transfrontalière du fait du principe de la libre circulation applicable aux personnes sur le territoire de l'Union européenne ;
Demande à l'Union européenne de renforcer son action en faveur des Roms en assumant pleinement un rôle d'impulsion et de coordination des politiques nationales dans ce domaine et en contrôlant que les actions conduites par les États membres à l'égard des Roms respectent le droit de l'Union, ce qui nécessite le développement d'une véritable capacité de suivi ;
Rappelle que les fonds européens, en particulier le Fonds social européen et le Fonds européen de développement régional, peuvent permettre de financer des mesures destinées à l'intégration des Roms et demande, par conséquent, à l'Union européenne d'en simplifier les règles d'obtention et d'en assouplir les conditions d'utilisation dans un contexte marqué, pour les États membres, par de fortes contraintes budgétaires ;
S'interroge sur le souhait de la Commission de conditionner l'octroi des fonds structurels aux États membres à l'existence et à la mise en œuvre des stratégies nationales d'intégration des Roms, en soulignant que cette conditionnalité pourrait, à terme, porter préjudice aux projets menés en faveur des Roms ;
Soutient la proposition de la Commission que 20 % des ressources du Fonds social européen soient affectées à l'objectif d'inclusion sociale, qui peut contribuer au financement des politiques d'intégration des Roms ;
– Concernant la coordination entre les pays dits « d'origine » et les pays dits « d'accueil » des populations roms :
Considère qu'une meilleure coordination entre les pays « d'origine » et les pays « d'accueil » des populations roms est nécessaire, dès lors que les migrations ont souvent été motivées par les difficultés économiques et sociales, ainsi que les discriminations rencontrées par les Roms dans les pays « d'origine », empêchant encore aujourd'hui la possibilité d'un retour de ces populations ;
Estime qu'il appartient, d'une part, à l'Union européenne de faciliter cette coordination et, d'autre part, aux États membres de conclure des accords sur une base bilatérale ;
Souhaite que l'aide à l'insertion économique devienne un instrument privilégié des partenariats entre pays « d'origine » et pays « d'accueil », cet instrument ayant fait la preuve de son efficacité et s'inscrivant dans le cadre d'un projet de vie des bénéficiaires ;
– Concernant les politiques nationales :
Rappelle que la finalité des politiques nationales d'inclusion des Roms doit être l'intégration dans le droit commun ;
Exprime des réserves à l'égard de mesures de discrimination positive uniquement destinées aux Roms, qui risqueraient d'accroître le ressentiment et les préjugés à l'encontre de ces populations ;
Recommande, en conséquence, aux États membres d'appliquer aux Roms les politiques destinées aux populations en situation de grande précarité, de mieux sensibiliser les Roms à leurs droits par le recours aux médiateurs et de former davantage les agents publics à la problématique rom ;
– Concernant la politique de la France à l'égard des Roms :
Salue la nomination d'un délégué interministériel chargé des questions relatives aux Roms et la nouvelle approche du Gouvernement français, davantage centrée sur les droits humains, retenue dans la circulaire du 26 août 2012 ;
S'inquiète de la multiplication des démantèlements de campements illicites ces derniers mois, qui renforcent la précarité à laquelle les populations roms sont confrontées ;
Rappelle que l'intégration des Roms passe prioritairement par l'emploi et le logement ;
Demande, par conséquent, au Gouvernement de :
– lever les dispositions transitoires applicables aux ressortissants roumains et bulgares concernant leur accès au marché du travail, qui apparaissent comme des restrictions inutiles, dès lors que la liste des métiers qui leur sont accessibles a déjà été étendue à 291 métiers et qu'il devra être mis fin à ces dispositions, en tout état de cause, le 31 décembre 2013 au plus tard ;
– veiller à ne procéder aux expulsions de campements roms qu'une fois qu'un diagnostic des besoins aura été réalisé et que des solutions de relogement appropriées auront été proposées, comme le prévoit la circulaire du 26 août 2012 ;
– se montrer prudent avec la politique des villages d'insertion qui, s'ils ne sont pas ouverts à l'ensemble des populations en situation de grande précarité, contribuent à renforcer la ségrégation des populations roms, et doivent nécessairement être conçus comme une politique transitoire préparant l'accès au droit commun ;
– faciliter l'accès au logement social des populations roms en veillant à ce que les discriminations dont ils sont aujourd'hui victimes soient levées ;
– supprimer l'aide au retour dont peuvent bénéficier aujourd'hui les ressortissants d'un pays de l'Union européenne, qui crée un appel d'air préjudiciable, en lui substituant l'aide à l'insertion.
Devenue résolution du Sénat le 18 janvier 2013.
                                                                  Le Président,
                                                         Signé : Jean-Pierre BEL

dimanche 20 janvier 2013

Réponses


"L'École est le berceau de la République", clamait l'un des derniers premiers ministres socialistes français.
Demain, les quatorze enfants du bidonville non encore scolarisés le seront. Un membre du cabinet du Maire est passé aujourd'hui dimanche l'annoncer aux familles, et répondre enfin à nos inquiétudes, en les confirmant : c'est bien une salle communale qui accueillera les bambins demain, à bonne distance du berceau républicain...


PS : Demain à 8h, le Collectif des Rissois accompagnera les enfants jusqu'à cette école de seconde zone pour constater les dégâts, et s'emploiera ensuite à agiter tout ce qu'il peut pour, enfin, trouver le chemin de l'école.

PS 2 : Ci-dessous, retranscription de la lettre qu'un Rissois a envoyée ce matin à son Maire en réponse à son tract, de telle sorte à ce que ce dernier entende effectivement "ses préoccupations et sa colère".




Monsieur Stéphane RAFFALLI
Maire de Ris Orangis
Place du Général de Gaulle
91130 RIS ORANGIS


Ris Orangis le 20 janvier 2013



Monsieur le Maire,



En main votre lettre datée du 18 janvier 2013 et adressée à vos administrés dont je fais partie (copie jointe.)

Je suis scandalisé tant par son contenu que par son ton. Vous n’y allez pas de main morte. En deux lignes vous commencez par stigmatiser une population avec une violence inouïe qui me rappelle l’ère Sarkozy contre laquelle je me suis mobilisé lors des trois dernières élections en votant pour les candidats du Parti Socialiste aux différents seconds tours de ces élections pour faire barrage à la droite avec l’espoir que cela amène au moins un petit changement.

Mais non rien de cela ! Au contraire, votre lettre démontre la violence de votre pensée et de vos intentions. Des Roms s’installent illégalement sur des terrains, c’est un fait, je l’admets mais ce que je n’admets pas c’est l’idée qu’ils soient la source de désordres publics et de menace pour la population tellement graves qu’il y a urgence à s’en débarrasser. Pourtant c’est cette idée que vous avez affirmée « dès les premiers instants » dites-vous et que vous maintenez avec force et détermination encore aujourd’hui et ce dès les deux premières lignes de votre lettre. Cette stigmatisation et votre discours sont nauséabonds, ils datent d’un autre temps, celui où le pouvoir dressait le peuple contre le peuple. J’ai voté contre ça aux dernières élections mais bien que vous soyez un camarade de ceux pour qui j’ai voté, vous le faites quand même. C’est odieux, c’est inacceptable.

Par ailleurs, comment pouvez-vous affirmer en parlant de solidarité dans ce même courrier que « face à de telles difficultés force est de constater que l’échelle communale n’est pas appropriée pour les traiter » alors même que vous affirmez dans la phrase précédente que dès les premiers instants vous avez mobilisé les forces publiques pour faire respecter l’ordre et la tranquillité ? Pour pouvoir dire « force est de constater » il faut avoir essayé, on ne constate un résultat qu’après avoir essayé une solution. Or, avez-vous seulement essayé de penser à une autre solution que la destruction du campement, à la solidarité par exemple ? Non puisque vous affirmez d’emblée que « dès les premiers instants » votre pensée a été de vous débarrasser de ces familles Roms. C’est donc un mensonge et votre esprit solidaire n’existe pas, cela je peux le constater grâce à votre lettre.

Après cela comment osez-vous poursuivre votre courrier en parlant de cohésion sociale et de respect du droit que vous bafouez en ayant refusé de scolariser ces enfants Roms et en faisant trainer les choses maintenant que vous vous êtes rendu compte que la loi est pour eux et contre vous ? Comment pouvez-vous parler de cohésion sociale, de respect du droit des enfants quand votre unique intention, dès les premiers jours, est de les jeter dans une misère encore plus grande ? Comment osez-vous parler de responsabilité face à une insalubrité et une dangerosité alors que vous en êtes en partie la cause en interdisant le ramassage des ordures ménagères du campement ? En faisant cela vous saviez que vous aurez le bon prétexte pour accomplir votre sale besogne.

Oui, je dis sale besogne car tout est sale dans vos idées et vos intentions vis-à-vis de ces Roms, votre lettre en est la preuve la plus éclatante jusqu’à sa conclusion. Comment osez-vous me dire que je suis en colère contre l’installation de ces Roms ? Car c’est bien de cette colère là dont vous parlez compte tenu de ce qui précède dans votre lettre. Comment osez-vous penser à ma place !? Dans quel régime vivez-vous ? Quel régime voulez-vous m’imposer ? Vous insultez mon intelligence, vous êtes odieux à l’extrême !

Si vous voulez répondre à mes préoccupations et à ma colère face à ce problème, entendez les pour ce qu’elles sont réellement et que vous devinez je l’espère à travers cette réponse à votre lettre et alors joignez vos forces avec le département et la région puisque le Parti Socialiste est à leur tête jusqu’à l’Etat pour faire preuve de solidarité et mettre en œuvre des solutions humaines pour ce campement. Vous avez cette chance que jamais le Parti Socialiste n’a eu de pouvoir véritablement changer les choses et de nous faire oublier l’ère Sarkozy, son racisme, sa xénophobie, son mépris du peuple puisque le parti socialiste contrôle même les deux Assemblées. Cessez de me mentir, de mentir aux Rissois. Cessez ce ton guerrier contre un peuple qui, je vous le rappelle, fait partie du peuple Européen et de l’Union Européenne au même titre que les Français.

Interrogez-vous plutôt sur les raisons pour lesquels la Roumanie et la Bulgarie font exception en termes de mobilité de leurs ressortissants qui ne bénéficient pas de la liberté de circulation comme les autres membres de l’Union Européenne alors que les entreprises françaises peuvent y délocaliser leur production pour bénéficier d’une main d’œuvre à bon compte. Interrogez-vous plutôt sur l’organisation intolérable de cette pauvreté et ayez le courage de l’affronter avec tous vos camarades du Parti Socialiste plutôt que de la pérenniser avec force comme vous le faites à travers votre lettre et avec une « totale détermination » comme vous le dites dans votre formule de politesse finale, faisant passer par là de la lâcheté pour du courage. Aidez les associations qui ont en charge l’aide aux personnes du campement de Ris Orangis. Sans en être, je sais qu’elles existent et je soutiens leurs actions. Vous les connaissez, vous savez qui elles sont et où elles sont, vous savez qui sont leurs responsables vous pouvez discuter avec eux.

Alors vous répondrez efficacement à ma colère et à mes préoccupations.

Veuillez croire, Monsieur le Maire, en mon espoir d’avoir un jour de meilleurs sentiments à votre égard.




Jean-Marc FIORESE



samedi 19 janvier 2013

Appel à mobilisation


Madame, Monsieur, 
Depuis plusieurs mois, des Roms occupent illégalement plusieurs terrains sur Ris-Orangis.
Dès les premiers instants, j'ai mobilisé le Préfet de l'Essonne et ses services ainsi que la Police Nationale afin que soient respectés l'ordre et la tranquillité publics. 
Notre ville a toujours été solidaire mais face à de telles difficultés force est de constater que l'échelle communale n'est pas appropriée pour les traiter. 
Garant de la cohésion sociale sur notre territoire rissois, je mets tout en oeuvre pour aboutir dans les plus brefs délais au démantèlement de ces campements insalubres et dangereux, dans le respect du droit dont celui des enfants. 
J'entends vos préoccupations et votre colère. Il est de mon devoir d'y répondre avec efficacité. 
Veuillez croire à ma totale détermination et à mon sincère dévouement. 
Stéphane Raffali, Bien à vous.


Tel est le contenu d'une missive déposée ce samedi matin dans les boîtes aux lettres des 28 000 Rissois, opération de communication massive dont le coût pour le contribuable - compter environ 10 000 tracts imprimés en format A4 - est à peu près équivalent à deux fois le coût de la construction d'une vingtaine de toilettes sèches sur le terrain, ce à quoi nous continuons de nous employer.




Alors que depuis des mois maintenant nous mettons tout en oeuvre pour répondre de manière constructive à la situation de telle sorte à ce que collectivement nous en sortions enfin grandis, le Maire continue d'envisager le pire : l'expulsion, l'humiliation et la destruction, promises sous le pudique vocable de "démantèlement" qui, l'air de rien, raconte que résident ici non pas des familles, mais des criminels.
Alors que nous nous inscrivons précisément dans les ambitions de la circulaire du 26 août 2012 visant à préparer le départ et faire sortir les familles du bidonville par le haut, le Maire continue d'aborder la situation sous l'angle sécuritaire de "l'ordre et de la sécurité publics", et de mépriser ce faisant les préconisations comme l'esprit social des textes produits par les institutions de la République dont il se réclame.
Alors que nous mettons en place les conditions d'une action sociale d'envergure mobilisant tous les acteurs publics et des acteurs associatifs spécialisés, le Maire continue de laisser croire que l'humanité tout entière exige de la Ville de Ris-Orangis qu'elle invente, seule et contre tous, les solutions définitives à cette question, et se pose ainsi en humble gardien de la raison, ce qui est un comble tant ce texte déraisonne.
Alors qu'il n'y a pas, jamais eu, et n'y aura jamais, de problème Rom, Malien, Corse ou Basque, étant entendu que la carte d'identité culturelle ou ethnique des personnes n'entre pas en contradiction avec le programme de la République, le Maire continue de laisser entendre que la question est d'ordre ethnique, et non sociale, et signe là un texte que dans quelques dizaines d'années nos enfants lirons avec stupeur sans parvenir à comprendre comment, en 2013 encore, la France pouvait abriter dans son ventre la "bête immonde" qu'évoquait Bertolt Brecht.
Alors que des Rissois se mobilisent, s'organisent en Collectif de Rissois solidaires,  rencontrent d'autres Rissois sur les marchés et se rendent compte avec joie que la population rissoise est dans son extrême majorité bienveillante à l'égard des populations les plus démunies dont il s'agit, le Maire continue de laisser entendre que le peuple Rissois, comme un seul homme, s'avère noir de colère. Il témoigne ainsi de sa surdité, et promet en résumé une action violente et aveugle qui ne manquera pas de mettre en péril la cohésion sociale dont il se prétend pourtant le garant. Ce tract raconte que la loi, jusqu'au vertige, perd du terrain.

La loi a d'un autre côté gagné du terrain sur la question de la scolarisation puisque, alors qu'il y a une semaine la Mairie s'opposait radicalement à toute espèce d'inscription faisant valoir un défaut de domicile, nous avons obtenu cette semaine de cette même Mairie l'information selon laquelle lundi 21 janvier, les enfants seraient scolarisés. L'information est d'ailleurs étonnamment relayée par le seul Figaro, dans son édition en date du 17 janvier à lire ici. (La lecture des commentaires est évidemment éprouvante, mais elle permet de prendre la mesure de la profondeur de la crise que nous connaissons...)
Certes, nous revenons de loin, mais ne sommes néanmoins pas encore parvenus à bon port. En effet, aujourd'hui samedi, les parents n'ont toujours pas obtenu des services scolaires de la Mairie l'adresse de l'école dans laquelle leurs enfants devraient être admis ni, a fortiori, les fournitures qu'il leur faudra avoir lundi matin dans leurs cartables d'écoliers. Nul besoin d'insister sur l'angoisse des parents, angoisse composée de celle, ordinaire, que chacun connaît la veille d'une rentrée de ses enfants, ajoutée à celle, extraordinaire, provoquée par l'absence de telles informations élémentaires à 48h de cet événement.
Mais il y a pire, puisque nous avons compris que la Mairie essayait de négocier avec l'Inspection d'Académie non pas la scolarisation des enfants, mais la mise à disposition d'une salle communale à distance des autres enfants Rissois pour réunir ces gamins, de classes d'âges parfaitement variées, devant un instituteur dépêché. Autrement dit, en totale contradiction avec les principes de l'Ecole de Jules Ferry, creuset de la République, et en parfaite adéquation avec les actes les plus discriminatoires que l'on puisse connaître, la Mairie a ces derniers jours poursuivi son combat contre la raison la plus républicaine. Alors que, répétons le, le droit est sans ambiguïté sur ces questions, ce que rappellera de nouveau le Défenseur des droits lundi à la Mairie si nous en arrivons effectivement là. Alors que, soulignons le en passant, ces enfants comme tous les autres enfants du coin relèvent d'un secteur scolaire qui, à 200 mètres du bidonville, comprend une école qui présente, outre des places disponibles, une enseignante CLIN (Classe d'Initiation) qui intervient deux fois par semaine pour les non-francophones. Alors que la situation est parfaitement complexe et difficile, voilà que depuis des semaines, une énergie et des moyens considérables sont investis par la Mairie dans cette lutte contre la scolarisation des gosses, lutte ajoutant de la complexité au dossier, ce qui n'est pas la définition la plus parfaite d'une politique responsable.

La loi gagne du terrain si nous occupons celui-ci. Telle est la philosophie PEROU. L'Ambassade attend donc désormais de chacun d'entre nous que l'on s'empare de son espace pour en faire le lieu d'élaboration d'une nouvelle histoire commune : espace d'articulation entre le bidonville et la ville, elle doit devenir le lieu de l'échange rappelant qu'une ville est fondamentalement cela, la rencontre de plusieurs personnes qui décident de faire de cette rencontre une institution, lui donnant un nom et des rituels l'organisant. L'espace de cette rencontre porte le nom de "Place de l'Ambassade", et son rituel est et restera élémentaire : donner et, en échange, recevoir.
Nous en appelons donc à la mobilisation de quiconque souhaiterait prendre ce terrain avec nous tous, pour lui donner sa puissance de véritable artère de la ville alentour. Ici, auront lieu des cours, des lectures, des projections de film, des spectacles, des moments de rencontre à la guise de chacun. Pour l'heure sont programmés :
- Tous les lundi et vendredi, une permanence du PEROU, pour vivre et travailler là, et pour rencontrer celles et ceux qui le souhaitent, le bidonville étant à 35 minutes de la Gare de Lyon, et à 5 minutes à pieds des deux gares de Grigny comme de Ris-Orangis.
- Le lundi de 14h30 à 16h30, des cours de Français pour les femmes proposés par Sophie Triniac, cours pour lesquels nous avons besoin de fournitures diverses et de dictionnaire franco-roumains.
- Le mardi de 14h30 à 16h30, des interventions proposés aux enfants comme aux adultes par l'association Intermèdes Robinson à partir des préceptes de la pédagogie sociale de Célestin Freinet.
- Le samedi de 14h30 à 16h30, des cours de Français et de dessin pour les enfants proposés par Emma Saunders, cours pour lesquels nous avons besoin de fournitures (papier, crayons, etc).
- Dans les semaines à venir, par séquences : un atelier de théâtre et de performance proposé par Didier Galas ; un atelier de création proposé par la plasticienne Joana Zimmermann ; un atelier sur l'image proposé par la photographe Aude Tincelin.

L'Ambassade est celle des étrangers que nous devons rester aux idées comme aux actes les plus barbares. Dans la langue que vous souhaitez, contactez nous pour prendre part au dessein et, par là même, au dessin de la ville que nous inventons ensemble, ici et maintenant : contact@perou-paris.org


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lundi 14 janvier 2013

Au sujet de la réponse du Maire Stéphane Raffali

Stéphane Raffali, Maire de Ris-Orangis, a répondu le 4 janvier à la lettre que je lui ai adressé le 28 décembre. Ci-dessous, voici reproduite cette réponse. 







Revenir sur les mots du Maire à l'endroit du PEROU et des personnes qui se mobilisent pour la mise en oeuvre de son action ne sert à rien. Néanmoins, on peut affirmer qu'avec le Maire nous nous opposons à toute action "impressionniste" qui ne sache dépasser "le stade de l'émotion", et c'est pourquoi nous nous opposons à la poursuite des actions d'expulsion et de destruction des bidonvilles qui "créent une émotion mais n'ont aucune efficacité réelle au fond".

S'attarder sur les quelques mensonges distillés dans ces lignes n'a pas grande utilité non plus bien que, sur la question précise du ramassage des déchets, une piste constructive puisse en être tirée. Alors, rappelons que les agents communaux n'ont pas traité "plusieurs tonnes d'ordures", mais sont passés le lundi 16 décembre vers 10h du matin ramasser les quelques sacs que le dimanche nous n'avions pas eu le temps de déposer dans les déchèteries voisines et que les riverains allaient venir ramasser à midi. L'effort citoyen aurait donc suffit, sur ce cas précis. Mais le Maire a raison de déplorer que des agents communaux aient dû être diligentés pour ce faire, comme nous déplorons que des citoyens continuent de le faire aujourd'hui. Aussi, et demande lui a été faite à plusieurs reprises, il est urgent que la Communauté de Communes, dont c'est la compétence, soit enfin saisie par le Maire, dont c'est le rôle. Il est raisonnable de penser que si "la situation de ces bidonvilles présente un caractère d'insalubrité et de dangerosité avéré", c'est avant toute chose parce que ces familles n'ont aucune possibilité de se débarrasser de leurs déchets. Il est raisonnable de conclure que mettre en oeuvre le ramassage est la réponse la plus constructive qui soit pour faire face à ce qui inquiète chacun d'entres nous. 

Pour le reste, il me faut rappeler que personne n'a fait injonction à la Commune de Ris-Orangis de résoudre la vaste question des bidonvilles, ni même de trouver une solution à la situation désignée par l'action du PEROU. Encore une fois, notre démarche est élémentaire : rappeler à chacun des acteurs publics les droits qui prévalent dans cette République, comme par exemple à la Mairie la nécessité de scolariser les enfants séjournant sur son territoire (voir, au delà des innombrables textes cités dans ce blog, l'arrêté du 6 août 1966), le devoir de ne pas expulser et jeter les familles dans une situation pire que celle dans laquelle elles se trouvent (voir entre autres l'article 19 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne, la décision 2011-625DC du Conseil Constitutionnel du 10 mars 2011, ou encore la décision Société Cofinco c. France de la Cour Européenne des Droits de l'Homme du 12 octobre 2010), et le cas échéant le devoir de poursuivre tout citoyen incitant à la haine raciale en faisant circuler des tracts visant une minorité ethnique. 
Ceci étant dit, le PEROU partage totalement l'analyse du Maire sur les moyens modestes et les compétences réduites d'une Commune de 28 000 habitants, et sur la nécessité de mobiliser tous les acteurs publics concernés par la situation. C'est ce à quoi s'emploie en ce moment même le PEROU qui, sollicitant le Conseil Général, la Région, l'Etat, et l'Union Européenne, souhaite effectivement que les autorités nationales comme internationales s'engagent pour inventer des réponses à la hauteur des situations qui "interrogent avec brutalité notre pacte républicain". Ainsi, nous ne pouvons que saluer la justesse de la motion votée par le Conseil Municipal du 20 décembre dernier. Alors, puisque nous sommes d'accord sur le fond d'une question aujourd'hui sans réponse et qui nécessite la mobilisation de tous les acteurs publics à chacun des degrés du feuilleté institutionnel, rien ne doit désormais s'opposer à une rencontre de travail entre le PEROU et la Mairie de Ris-Orangis, rencontre qui doit permettre qu'avec raison nous nous engagions collectivement dans une logique constructive. Ainsi, s'agit-il de faire école sur le territoire de Ris-Orangis, et faire démonstration qu'une autre politique est possible, "volontaire et humaniste". 


dimanche 13 janvier 2013

Au sujet du communiqué du Député Thierry Mandon


- Considération préliminaire, et sans aucun doute la plus importante de ce billet : A Noisy-le-Grand, la responsabilité et la détermination des citoyens les conduit demain matin à accompagner jusqu'à l'école les enfants qui, malgré toutes les démarches entreprises auprès de la Mairie, sont encore privés de scolarisation. Le rendez-vous est fixé à 8h15 devant l'école "du clos de l'arche", au 10 route de Villiers à Noisy-le-Grand. Didier Cusserne, représentant du "Collectif de soutien aux familles Rroms de Noisy le Grand", est joignable au 06 08 88 58 16. Dans un monde fonctionnant à l'endroit, nous devrions être au moins aussi nombreux demain matin devant l'école pour tous, qu'ils le furent aujourd'hui contre le mariage pour tous... -


Envoyé à la presse mercredi dernier alors que les enfants du bidonville passaient une journée en Mairie pour obtenir reconnaissance de leurs droits, voici ci-dessous le communiqué du député de l'Essonne Thierry Mandon, porte-parole du groupe PS à l'Assemblée Nationale, Président de l'Ecole de la deuxième chance en Essonne, Maire de Ris-Orangis du 18 juin 1995 au 25 octobre 2012 date à laquelle, pour cause de cumul des mandats, il céda son poste à Stéphane Raffali alors élu à l'urbanisme, aujourd'hui toujours conseiller municipal et, si tant est que cela permette de situer un peu davantage, membre de l'équipe de campagne d'Arnaud Montebourg lors des primaires socialistes.






Un premier commentaire, dont on aurait aimé se passer à cette date avancée de la controverse, doit consister à rappeler une énième fois les faits et les droits, et ainsi défaire la démonstration, sans doute voulue de force, du député. D'une part, il le sait, le Maire également, et chacun d'entre nous évidemment : à trois reprises depuis le début de l'année, les demandes de scolarisation de ces enfants ont été formulées et déposées en Mairie, d'abord en septembre pour 3 d'entre eux, puis pour 6, puis enfin, il y a de cela un peu plus d'un mois, pour 12. Aussi, lire sous la plume du député que le Maire a mercredi "fait face à une demande massive et précipitée d'inscriptions" est extrêmement fatiguant. D'autre part, la fatigue accable presque lorsqu'on découvre que le député, s'autorisant qui plus est de s'en référer au "droit existant", reprend cet argumentaire balayé mille fois ces derniers jours du fameux dossier incomplet : il manquait, nous dit-on, "un minimum de papiers conformes aux textes". Les textes de lois, la circulaire de la Ministre déléguée Pau-Langevin et les rappels de l'Inspection d'Académie au Maire ne sont manifestement pas assez clairs pour que ces élus de la République entendent enfin que le droit à la scolarisation est inconditionnel, que l'état civil des enfants suffit et que, quand bien même manquerait-il un obscur formulaire x ou y qu'il sera toujours temps de remplir, l'enfant doit être scolarisé immédiatement. Alors, le Ministre de l'Education, la Ministre déléguée à la Réussite Scolaire, la chargée de mission "éducation / culture" de la Délégation Interministérielle à l'Hébergement et à l'Accès au Logement, le Directeur académique des services de l'Education nationale, le Préfet du département, le Préfet chargé de l'égalité des chances, et le Défenseur des droits, qui tous ont été saisis depuis mercredi vont, dans les jours prochains, rappeler à l'ordre le Maire, agent de l'Etat dans ce contexte précis, de telle sorte à ce qu'il réponde favorablement aux demandes qui depuis des mois lui ont été adressées.

Un deuxième commentaire, bien plus stimulant, permet de souligner combien nous sommes d'accord avec le député sur un point précis, et crucial : que la question posée, non pas celle des Roms comme il l'est malencontreusement indiqué dans le titre de ce communiqué, mais celle de la multiplication de bidonvilles sur notre territoire européen, est d'une ampleur telle que la Ville de Ris-Orangis ne peut y faire face seule. Une erreur s'est glissée dans le texte du député : personne n'a demandé au Maire de régler ce "problème" (ce fut d'abord "la question Rom", serait-ce devenu "le problème Rom" ?). L'action du PEROU vise bien au contraire à faire se reformuler la question de telle sorte à ce que se recompose la chaîne des responsabilités et que, collectivement, nous puissions nous donner de nouveaux moyens d'y répondre. La Mairie a sa part de responsabilité, en l'occurrence en termes de scolarisation, mais sont tout autant concernés la Communauté de Communes, le Département, la Région, l'Etat et l'Union Européenne, sans oublier les Rissoises et Rissois qui, soulignons le, sont aujourd'hui les plus manifestement enclins à assumer leur part de "responsabilité et de détermination". Tout l'enjeu réside précisément là : dans l'art et la manière d'enrayer le déni de responsabilité de chacun des acteurs, qui a l'effet de réduire ces familles à la condition de patate chaude qu'on se refile à chaque nouvelle expulsion.

On se gardera de faire un long commentaire sur la fin de ce communiqué, qu'il eut fallu d'ailleurs éviter de lire tant elle nous renvoie à ce que l'art politique contemporain a peut-être de plus gangréné et accablant, singeant la posture responsable d'un revers de rhétorique, feignant de prendre soin du monde en en prenant effectivement congé.

Un dernier commentaire doit nous permettre de ne pas conclure hâtivement, et de bien considérer que la démonstration de force du député socialiste s'avère une démonstration de faiblesse qui est aussi la nôtre. Nombre d'entre les militants accablés que nous sommes souhaiterait que ces mots traduisent le délitement généralisé, le mépris "décomplexé" pour ce qui fait le sol de notre République, le dévoilement de l'identité cynique qui avançait jusque là masquée sous les atours de l'élu de gauche. Qu'un élu, peut-être sincèrement socialiste, tienne aujourd'hui un discours si insultant pour les familles est plus grave que cela. Qu'un élu, peut-être sincèrement républicain, verse si manifestement dans le mensonge et le mépris du droit est plus grave que cela. C'est que la question posée à travers la multiplication des bidonvilles en Europe, au delà de la "question des Roms", est un fait historique d'une violence sans doute extraordinaire. Nous voici rendus, en 2013, à devoir répondre à ce que nous pensions ne plus jamais avoir à considérer, nous autres qui, il y a de cela quelques générations à peine, avons tous vécu dans des baraquements flanqués au milieu des rats et chauffés au poêle à bois. Avec ces élus désarmés, au sein des institutions sous l'égide desquelles nous sommes placés, à la force des droits que nos prédécesseurs ont conquis de haute lutte, il nous faut enfin travailler autrement, et inventer collectivement des solutions que personne aujourd'hui ne peut revendiquer connaître. Mais, seule certitude, en partant de l'humanité que nous avons en partage, comme l'y invitent par exemple les images prises par Christian Ionascu lors de cette journée de mercredi passée à la Mairie de Ris-Orangis, à voir ici.



vendredi 11 janvier 2013

Point presse


En images, dans le Parisien, une journée dans le bidonville, à explorer ici.
Et en mots, paru hier dans le même Parisien, une certaine manière de faire le point sur la situation, à lire ici.

Dans Essonne info, un retour sur la dite "occupation de la Mairie", à lire ici.
En image dans le Parisien aussi, la même journée studieuse ici.
La gazette y est allée de son article, sobre mais à peu près incontestable (si ce n'est sur la vaccination, qui n'est, rappelons le, pas une condition pour accéder à l'école...). A lire ici.

Et tant que nous y sommes, un article publié aujourd'hui sur un projet urbain d'envergure concernant Ris, mais étrangement complètement étranger au PEROU. A lire ici.

Et puisque nous naviguons sur Internet, on constate rapidement que toutes les informations relatives à l'action du PEROU sont reprises sur un site qui répond au doux nom de "français de souche", site très bien référencé sur Google. Par exemple, sur la pétition dont il était question hier dans le Parisien, à lire ici. En soulignant que l'accès aux commentaires, sans doute merveilleusement nauséabonds, nécessite de s'inscrire. Ce que je ne parviens pas à faire à jeun.

Et, cerise sur le gâteau avarié, un récit paru aujourd'hui dans Médiapart, au sujet d'une Police Républicaine qui s'abreuve manifestement aux idées rances de ceux qui sont inscrits sur le site précédent. Récit à lire ici.


Un futur français de souche
(Né sur le territoire français)

jeudi 10 janvier 2013

Nombreux !

Peu nombreux sont ceux qui, dans ce bas monde, se réjouissent du fait que nous soyons si nombreux. Pire : en nombre, nous prétendons que le problème est dans ce nombre extravagant, et qu'alors que nous nous multiplions dangereusement, les ressources s'épuisent, le logement fait défaut, le travail se tarit, l'air manque. Alors, ajouter des centaines de Roms à cet accablement n'est pas pensable. On est réaliste et responsable, ou on ne l'est pas !

Dans un autre monde, on s'alarmerait de n'être pas assez nombreux. Trop seuls face à la désertion, nous rêverions d'être innombrables pour créer de nouvelles ressources, construire d'incroyables nouveaux logements, inventer des emplois jamais soupçonnés, et renouveler l'air dans l'agitation tumultueuse. En fait, ce monde est le notre, d'où trois conséquences : 

1. Construire en nombre !
Contre les déchets et pour les toilettes, contre la boue et pour l'ambassade, nous avons été à peu près 150 à agir à Ris-Orangis, venus d'ici comme d'ailleurs. De samedi à mardi prochain, nous peaufinons la première phase du chantier : la construction des toilettes sèches et la finalisation de l'ambassade. Quiconque souhaite prendre part à l'élan et grossir les rangs de cette classe oeuvrière est le bienvenu ! Un doodle est ouvert pour l'occasion (cliquer ici

2. Signer en nombre ! 
Le Parisien du jour fait état d'une population qui, en nombre à Ris-Orangis, s'exaspère, piétine, râle et proteste contre la présence des trop nombreux Roms parmi elle (lire ici). Le Maire s'abrite derrière ce peuple pétitionnaire, et prétend que sa fonction de responsable exige de lui qu'il entende et agisse en conséquence, c'est à dire qu'il fasse le ménage. Une autre manière de concevoir sa responsabilité eut été de poursuivre ces signataires pour incitation à la haine raciale, délit défini par la loi du 1e juillet 1972 "relative à lutte contre le racisme". Puisque la République est une ressource dont l'éclat dépend du nombre de citoyens qui la cultivent, le Collectif des Rissois invite à partir d'aujourd'hui à la signature en nombre de la pétition en faveur de la scolarisation des enfants du bidonville de Ris-Orangis (signer ici).

3. Accueillir en nombre ! 
Parce que nous n'avons pas les moyens de vivre si peu nombreux, avec si peu d'enthousiasme et d'imagination, il est urgent que d'innombrables Roumains, Bulgares, Maliens et Pygmées nous rejoignent. Et, que le Maire s'y fasse, nous ne laisserons pas partir les 150 personnes qui, à Ris-Orangis, nous ont donné une telle leçon d'hospitalité qu'ils pourraient, eux, accueillir toute la misère du monde. Car cette vitalité seule peut terrasser la misère politique qui gagne nombre d'entre nous. 


PS : Aujourd'hui, nous étions joyeusement nombreux sous la pluie pour travailler sur la construction des toilettes sèches, et un merci particulier à toute l'équipe de l'agence Encore Heureux qui jusqu'à la nuit tombée a livré une belle bataille constructive.







mercredi 9 janvier 2013

Zéro

Dès 9h ce matin, Adelina, Denisa, Rebeca, Ionela, Darius, Simion, Rémus, Gheorghe, Samuel, Medalion, Alex et Vandam ainsi que leurs parents et le collectif des Rissois se sont installés à deux pas du cabinet du Maire, dans une anonyme salle de réunion transformée pour l'occasion en pétillante salle de classe. Le talent de quelques riverains a permis que s'improvise des séances de dessin, de chant, de jeux en tout genre. Le talent des conseillers du Maire a permis que ce dernier daigne recevoir les familles à 15h30, soit 6h30 de dessins plus tard.

Pendant que l'on dessinait des écoles avec les enfants, le Maire et ses conseillers peaufinaient une copie d'un niveau extrêmement bas. L'exposé du Maire, manifestement bâclé, s'est en effet ouvert de manière complètement lamentable : "Je ne peux instruire n'ayant à ce jour pas reçu de dossier de demande de scolarisation". Elève pas sérieux : des dossiers avaient été déposés à trois reprises depuis la rentrée auprès des services dits compétents, et une dernière fois il y a un mois exactement. Elève étourdi : quelques heures plus tôt, le Maire s'était fendu d'un communiqué à l'AFP dans lequel il indiquait détenir les dossiers puisqu'il déplorait le fait que ceux-ci n'étaient pas complets. On souligna combien cette entrée en matière était ni faite ni à faire. On lui répéta que, d'ailleurs, seul l'état civil des enfants suffisait à engager la procédure de scolarisation. Elève dissipé, n'écoutant pas.

Un fragment de lucidité sans doute lui fit oser un autre chemin, et entreprendre un point 2, presque aussi lamentable que le point 1, condamnant l'ensemble au zéro pointé. Alors que les leçons précédentes sur l'inconditionnalité de l'accès à l'école avaient été rabâchées, et que la Ministre Pau-Langevin avait en septembre dernier rédigé trois circulaires afin que soit inculqué ce principe de droit inconditionnel à tous les récalcitrants, le Maire se permit d'avancer que la scolarisation ne pouvait être envisagée faute de domiciliation des enfants à Ris-Orangis. Voilà de quoi désarmer le corps enseignant, et l'obliger à conclure à l'attitude parfaitement désinvolte, si ce n'est totalement méprisante.

Nous avons pris acte mais, ne pouvant nous résigner à l'idée que les lois de la République soient aussi radicalement piétinées, nous nous sommes convaincus qu'il fallait, dans l'orde : lancer une pétition (à partir de demain sur Internet) ; rendre compte de cette faute grave commise par un élu devant la République jusqu'auprès des organisations compétentes pour en juger ; et revenir dans une semaine pour obtenir que ces douze enfants connaissent enfin l'école autrement qu'en dessin.


NB : Pendant ce temps, le PEROU a poursuivi son chantier "toilettes sèches". Demain jeudi nous nous retrouvons à une douzaine sur le terrain, avec enthousiasme et détermination, pour parfaire ces constructions. Quiconque veut passer donner un coup de main est le bienvenu.
















Dessine moi une école, à la Mairie de Ris-Orangis
Crédit photo : Jean Larive / http://jeanlarive.com
Davantage de photos sur le site du Parisien ici

mardi 8 janvier 2013

Quelle est au juste la réalité de cette histoire ?


Il y a ce qui nous semble relever du retour à la réalité : ce que nos yeux et nos mains ont touché de nouveau, ont travaillé et rencontré dans l'étendue de cette journée passée à Ris-Orangis. En porter témoignage consiste à narrer une succession de faits et de gestes.

Aujourd'hui, avec Merril, Célia, Charlotte, Margot, Edith, Louis et Romain, nous avons repris pied avec le bidonville, quelques outils à la main. Aujourd'hui, nous avons poursuivi la construction des toilettes sèches en nous fixant la mise en place de cinq nouveaux petits édifices dans la semaine, en les destinant d'abord aux familles avec enfants. Aujourd'hui, nous avons reçu la visite de Manu, des Enfants du Canal, avec lequel nous avons mis en forme le projet d'action sociale pour les personnes habitant le bidonville que nous devons soumettre aux acteurs publics dans les tous prochains jours, projet comprenant accès aux soins, insertion professionnelle et accès au logement. Aujourd'hui, nous avons rencontré dans l'Ambassade les compagnons d'Emmaüs de Longjumeau, formidable équipée se proposant de prêter main forte pour nos différents chantiers et de fournir l'Ambassade en mobilier. Aujourd'hui, nous avons rencontré un bénévole d'une association locale qui, dans une baraque, a trouvé refuge pour quelques jours, chassé de chez lui par son épouse, récit de vie pathétique ou merveilleux, selon le bout à partir duquel on l'aborde. Aujourd'hui, nous avons joué avec les gosses qui ne jouaient pas dans la cour d'une école puisque le Maire de la Ville, malgré trois dépôts d'inscriptions ces trois derniers mois, n'a toujours pas accepté ce que la loi ordonne. Aujourd'hui, les habitants du bidonville ont fait parvenir trois courriers : à la Mairie, pour l'informer qu'ils ne peuvent accepter que les enfants soient privés de cette nouvelle rentrée des classes ; au Président de la Communauté d'Agglomération d'Evry Centre Essonne, pour exiger que leurs ordures ménagères soient enfin ramassées et décharger ainsi de cette corvée les riverains ; au Président du Conseil Général de l'Essonne pour lui faire part de leur reconnaissance de ne pas avoir engagé de procédure contre leur présence sur le terrain dont le Département est propriétaire, et pour lui demander de bien vouloir soutenir leur démarche auprès de la Communauté d'Agglomération. Demain matin, les parents se rendront à la Mairie accompagnés des riverains afin de prendre connaissance de la classe à laquelle sont affectés leurs enfants.


Rebecca, au travail, 8 janvier 2012

Trois futurs écoliers, 8 janvier 2012


Il y a ce qui décroche de cette réalité là, ce qui plane au dessus, ce qui semble si éloigné de ce que nous touchons, et pourtant le détermine si profondément. Cette autre réalité est ce qu'on appelle la politique. Cette réalité est pétrie de tractations, de manoeuvres, de gestes de cuisine. Elle est commandée par le simple exercice du pouvoir et ses contrariétés, ses négociations, ses petites ou grandes compromissions. Elle est traversée des relations d'influence, des calculs savants (sic) permettant de mesurer que si j'accepte ce que celui-ci me suggère et refuse ce que cet autre me demande, je gagne davantage que je perds.
Porter témoignage de cette réalité consiste à raconter ce que l'on voit, comprend, imagine, au détriment de ce qui ne se voit pas, reste incompréhensible, demeure inimaginable. Prétendre à la transparence comme ils disent, c'est faire grand cas de ce qu'on nous laisse voir et entendre. Prétendre à la non-duperie comme on y prétend si volontiers, c'est se bercer de l'illusion que tout est contrôlé, organisé, manigancé comme toujours. Nous ne savons pas de quoi est faite cette réalité là et, fragmentée, cette réalité s'avère inaccessible à n'importe lequel des acteurs de cette pièce parfois fort douteuse. Mais une part non mesurable se joue là, dans l'épaisseur noire où se trouve au moins une des raisons qui a conduit le Maire de Ris-Orangis à finalement porter plainte, provoquant ainsi la mise en route d'une enquête judiciaire pour la bonne réussite de laquelle deux habitants du bidonville ont été interrogés hier. Mais une part non mesurable se joue là, derrière les murs des édifices de la République où se trouve au moins une des raisons qui a conduit le Maire de Ris-Orangis à ne pas répondre à mon courrier, tout en s'affichant "responsable" devant la presse qui n'en pense pas moins. Mais une part non mesurable se joue là, entre deux coups de fils de conseillers, entre deux emails de sous-conseillers, entre deux entrevues d'un élu et d'un ancien élu, où l'on échange sur l'opportunité, la justesse, la nécessité ou le devoir, en oubliant d'évoquer que c'est de la vie de 150 personnes dont il s'agit. Mais une part non mesurable se joue là, dans la petite ivresse que confèrent à quiconque en jouit tous les petits pouvoirs articulés ou désarticulés, petite ivresse qui résulte de la prise de congé de la réalité, de la première, de celle que nos mains et nos yeux ont aujourd'hui éprouvée.


Lettre des habitants de Ris-Orangis au Maire de Ris-Orangis
En date du 7 janvier 2012

Lettre des habitants de Ris-Orangis au Président de la Communauté de Communes
En date du 7 janvier 2012

Lettre des habitants de Ris-Orangis au Président du Conseil Général
En date du 7 janvier 2012